Poétasse and Co (fr/cast)
- S. T. R.

- 1 janv.
- 9 min de lecture

Liliane GIRAUDON Pot Pourri
P.O.L. 2025

Quand Liliane GIRAUDON
la grande poétasse
énumère
le rouge-gorge les Iraniennes
Benjamin les rêves les tulipes
et le reste
longtemps après
le sourire ne m'a pas quitté
En adepte des listes
comment ne pas apprécier
le savant mélange
le pot pourri
Exemples numéros :
Cette vielle histoire de l'accent circonflexe. Au siècle dernier. Une table la nuit. Terrasse d'un bar. On a bu. Réforme de l'orthographe. L'accent circonflexe. Tu dis à un type que tu peux très bien y renoncer. Il est ulcéré. Pour faire bonne mesure, tu précises que la langue bouge et que d'ailleurs le français est un créole. Excédé il te lance "Vous mériteriez d'être giflée !..." Tu te lèves, hurles "Si tu me gifles, je te tue ! ". Consternation générale. Mais impossible de te souvenir qui c'était ni où c'était.
Cosmos s'oppose à Chaos et Monde à Immonde. L'Europe a construit sa domination en écrivant l'histoire des autres.
Alors
après la lecture
à la librairie
Les Mots à la Bouche
c'est une joie
et une timidité toute enfantine
au moment de faire signer
le livre
qui rejoindra Penthésilée
dont il a déjà été question
Sergio CHEJFEC Mes deux mondes
traduit de l'espagnol (Argentine) par Claude MURCIA
Éditions do. 2024

Sergio Chejfec
évoque souvent dans son texte
les bougainvillées
que j'ignorais féminines
dans leur genre grammatical
puisque je lis Mes deux Mondes
en français...
traduit de l'espagnol par
Claude Murcia
C'est la première coïncidence
Les bougainvillées
que j'observe dans la ville sont nombreuses
nombreuses et violettes
pourtant c'est pas le Brésil
ici
c'est Tanger
Je m'identifie
quand il décrit
sa propension à saluer en toutes circonstances
et souvent d'une façon inaudible
virant au pathologique
Les gens sont alors mal à l'aise
car ils ne sont pas sûrs d'avoir entendu
et ne savent pas comment
réagir
-ce qui me fait penser
à certains enfants autistes qui parlent
en regardant le mur
et dont on se demande s'ils ont parlé
ou non-
Chejfec était-il autiste ?
Du moins en parle-t-il
dans son livre
(autre intérêt commun)
Quoi qu'il en soit
il est seul dans sa balade
à regarder les tortues
-comme moi hier
les tortues
dans l'hallucinant jardin
du riad-
Et pour résumer
la liste des autres similitudes
plus ou moins banales
plus ou moins délirantes
entre Chejfec/son protagoniste
au moment où il écrit son livre
et moi
au moment où je le lis
1) Il va avoir 50 ans
2) Il divague longuement
au sujet des pédalos-cygnes
qui sont à louer sur le lac du parc
où il se promène
tandis qu'où je me trouve
des gamins jouent sur des sortes
d'engins roulants à moteur
recouverts d'une déco en forme de
cygnes !
(serait-ce un classique ?)
3) Last but not least
une description passionnante
des dessins de William Kentridge
dont je viens de voir
une mise en scène
juste quelques jours auparavant
Mon hypothèse est que dans un second temps l'artiste remarqua que, dans le monde dramatique de ses dessins, il n'était pas nécessaire que les objets et les individus aient des yeux pour établir entre eux des relations. En fin de compte, une ligne pointillée pouvait traduire une relation aussi invisible que n'importe quel regard. Du coup, les dessins semblent soumis à un processus d'autogénération continue, chose par ailleurs évidente. On dirait un monde créé depuis la géométrie, et par là-même tendanciellement ou involontairement métaphysique.
Pour finir
je rappelle
que Sergio Chejfec aimait le métro
(coïncidence ? vraiment ?)
et que
grâce à Rafael Bueno
l'un de ces textes est arrivé
jusqu'à ce blog
il y a quelques années
Vous pouvez retrouver ce cadeau
qu'il nous a fait
Sergio CHEJFEC Mis dos mundos
Candaya. 2008
Sergio Chejfec
evoca seguido
en su texto
las buganvillas
que ignoraba femininas
en su genero gramatical
ya que leo Mis dos mundos
en francés…
traducido del castellano
por Claude Murcia
Eso es la primera coincidencia
Las buganvillas
que observo en la ciudad son numerosas
numerosas y violetas
por más de que
no sea Brasil
acá
sino Tánger
Me identifico
cuando describe
su propensión en saludar
en cualquier circunstancia
y muchas veces de una manera inaudible
que se vuelve patológica
Entonces la gente se pone
incomoda
porque no esta segura
de haber escuchado
y no saben como
reaccionar
-lo que me hace pensar
en ciertos chicos autistas que miran
la pared cuando hablan
y de los cuales uno se pregunta
si hablaron
o no-
¿Es que Chejfec era autista?
Al menos
habla de autismo en su libro
(otro interés en común)
En todo caso
está solo en su caminata
para mirar las tortugas
-tal como yo ayer
con las tortugas
en el jardín alucinante
del Riad-
Y para resumir
la lista de las otras similitudes
más o menos banales
más o menos originales
entre Chejfec/su protagonista
en el momento en que escribe el libro
y yo
en el momento en que lo leo
1) Va a tener 50 años
2) Divaga
sobre hidro pedales cisnes
par alquilar en el lago del parque
donde pasea
mientras me encuentro
cerca de una playa
con chicos divirtiéndose
en una suerte de vehículos motorizados
decorados con una forma de
cisnes
(¿será un clásico?)
3) Last but not least
una descripción apasionante
de los dibujos de William Kentridge
del que acabo de ver
una puesta en escena
solo algunos días antes
(Acá me topo con un problema medio
borgeano
medio
levreresco
Tengo que traducir a Chejfec
al mismo castellano ya que no tengo
el libro original
La otra solución
seria no ponerles ninguna versión en castellano
y que se arreglen con la francesa
pero me parece un poco exagerado
así que disculpen
eso no es la versión original del texto
sino una traducción mía a partir de la versión francesa
Y si alguien que lee esto
tiene el libro en castellano
por favor que me mande
la parte sobre Kentridge
Figura al final del libro
Gracias)
Mi hipótesis es que en un segundo momento el artista se dio cuenta de que, en el mundo dramático de sus dibujos, no era necesario que los objetos y los individuos tuvieran ojos para establecer relaciones entre ellos. Al fin y al cabo, una línea punteada podía traducir una relación tan invisible que cualquier mirada. De repente, los dibujos parecen sometidos a un proceso de autogeneración continua, algo por otra parte evidente. Parece un mundo creado desde la geometría, y por lo tanto tendencialmente o involuntariamente metafísico.
Para terminar
les recuerdo
que a Sergio Chejfec
le gustaba el metro
(¿coincidencia?, ¿de verdad?)
y que
gracias a Rafael Bueno
uno de sus textos
llegó hacia este mismo blog
unos años atrás
Pueden leer este regalo
que nos hizo
Alia TRABUCCO ZERÁN Las homicidas
Lumen. 2019

Al principio
queria leer a Limpia
pero me llegó este libro de una librería
porteña
Vuelo directo
Gracias
Impactante el libro
Expone el tratamiento
-jurídico mediático
histórico psicológico
artístico-
de 4 homicidios
protagonizados por mujeres
al largo de un siglo chileno
Medio que da vuelta
al cerebro
Como lo plantea la propia autora
antes de empezar suena raro
así que :
En lugar de escuchar la palabra asesinas, un extraño lapsus provocaba que muchos entendieran lo contrario: asesinadas.
porque
Una mujer que mata, por el contrario [de un hombre], está dos veces fuera de las codificadas leyes penales y fuera de las leyes culturales que regulen la feminidad.
En todo caso
Trabucco Zarán muestra
comó los medios en particular
usaron estos casos de homicidios
para denunciar
los avances feministas
La lectura de los actos
de estás mujeres
revela mucho del contexto en el cual
se produjeron
Por eso que el libro
participa de una gran reflexión
ya que pone en evidencia
parámetros sociales
que generalmente
ni se cuestionan
Alia TRABUCCO ZERÁN Assassines
Traduction de l'espagnol (Chili) par Anne PLANTAGENET
Robert Laffont. 2025
A la base
je voulais lire Propre
mais c'est ce livre
qui m'est parvenu
depuis une librairie porteña
Vol direct
Merci
Le livre est puissant
Il expose le traitement
-juridique médiatique
historique psychologique
artistique-
de 4 homicides
commis par des femmes
au fil d'un siècle chilien
Ça retourne pas mal
le cerveau
Comme le précise l'autrice
dans sa préface
ça sonne si bizarre que
Au lieu d'entendre le mot assassines, un étrange lapsus faisait que beaucoup entendaient le contraire : assassinées.
Parce que
Une femme qui tue, contrairement [à un homme], est deux fois en dehors : en dehors des lois pénales et en dehors des lois culturelles qui régulent la féminité.
En tout cas
Trabucco Zarán montre
comment les médias en particulier
ont utilisé ces cas d'homicides
pour dénoncer
des avancées féministes
La lecture des actes
de ces femmes
révèle beaucoup
du contexte dans lequel ils ont eu lieu
Et ce livre met en évidence
des paramètres sociaux
qui sont rarement
questionnés
Chloé DELAUME Ils appellent ça l'amour
Seuil. 2025

L'angoisse d'un endroit
trop bien connu
c'est ce que vit
Clothilde
quand ses amies
lui font une surprise
sans se douter
qu'elle est mauvaise
Heureusement
elle ne font pas
que des bourdes
les copines
Elles sont là aussi
pour tenir chaud
pour laisser le temps
pour comprendre
Il faudra passer par l'écrit
pour espérer
une résolution
Chloé Delaume
nous fait traverser
la lutte interne
de Clothilde
non sans humour
et autres passages
déconstructifs
sur la pop culture
Clothilde
tente de comprendre
ce qu'elle a vécu
20 ans plus tôt
Elle se demande
Qu'est-ce que vouloir le bien, quand on est dominant ? En quoi, c'est pour ton bien et ça va te faire du bien sont-ils des fumigènes à base de chloroforme ?
Comment Clothilde
a-t-elle pu
(se) laisser faire
d'autant que "Monsieur"
est d'un ridicule achevé
Ainsi de ses rêves
en forme de
roman empire
de l'intellectuel parisien
qu'il lui racontait au réveil
En sortant du métro avec Napoléon on arrivait direct devant le Collège de France où je donnais une conférence sur je me rappelle plus quoi [...]
A la lecture du livre
on intègre la bande
des copines de Clothilde
Est-ce que ça va barder ?
Vincent BROQUA Gaiamen
Al Dante. Presse du réel. 2025

Mais qui sont
ces men
de Gaiamen
qui vont au bains
sautent
d'une langue
à l'autre
poétisent
sans frontières
se rendent des hommages
entre eux
se prennent
pour Ulysse
délirent
dans des livres
de San Francisco
à Paris
en passant
par la Grèce
Marseille
Broqua a lu ses voyelles
et chanté son texte
accompagné
du rythme de ses doigts
venant
l'un après l'autre
rencontrer le pouce
J'étais
aux anges
de n'y rien
comprendre
si ce n'est l'essentiel
le plaisir du texte
aux anges
de l'entendre
rendre hommage à
David, John, Ulysse et les autres
On me dit, David, (et ce n'est pas un compliment) "John, tu es le dernier poète expérimental" comme si on me disait "tu es insensé", "fais-toi mieux comprendre" "on n'arrive pas à jouir" c'est dommage qu'ils n'arrivent pas à jouir ce ressentiment ces larmes
Guérissez tous, unissez-vous
Seule ensuite
lisant
c'est une autre
épaisseur
qui s'est découverte
tout aussi
savoureuse
avec toujours ce plaisir
de passer constamment
d'une langue
à l'autre
La traduction phonétique
quelle invention !
(Vous comprendrez en lisant le livre)





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