A l'origine

Janvier 2015

Ce texte aurait pu s'intituler « Journal de métro post-attentats » ou quelque chose d'approchant. Mais quel rapport ? Le métro est bien un lieu de crainte – et parfois de violence – et cette tension palpable a été dernièrement décuplée. Mais là n'est pas mon objet, de loin s'en faut. A moins qu'il n'y ait un lien, à savoir le désir impérieux de s'accrocher à une autre réalité, moins terrible, d'un autre monde peut-être déjà, la réalité de ceux qui continuent à lire, coûte que coûte ; la réalité de ceux qui ne lèvent pas les yeux à la moindre entrée d'une personne « au comportement suspect » dans leur rame, ou qui sont à l'affût du plus petit sac plastique abandonné sur un quai. Ce journal, est peut-être l'expression du refus de se laisser envahir par la peur. La peur est bien là, par vagues, flashs, saisissements. Et après ? Devrions-nous arrêter de lire pour autant ? Ce journal tire pour moi sa saveur de son caractère purement anodin et superficiel. J'espère que vous lui trouverez également quelque goût.

 

Courant 2015

Dans le métro, encore, à nouveau, toujours, un matin, alors que je me bagarre pour trouver du temps pour faire avancer mon texte, je reçois un message d'Élodie avec laquelle nous partageons plus que le goût de la littérature. Le texto dit cela « Laure Murat t'a piqué ton idée » accompagné d'une photo d'un article de Libé évoquant un certain « Flaubert à la Motte Piquet » de ladite. Je pleurniche et continue à travailler mes notes avec l'aide précieuse de Fabien pour les recherches bibliographiques, mais le cœur n'y est plus vraiment. Dans la foulée, je commande le livre qui m'attend toujours sur une étagère.

Mai 2018

Alors que je n'ai jamais vraiment perdu l'habitude d'observer les lectures des gens dans le métro, je tombe deux fois sur Imre KERTESZ à quelques jours d'intervalle! Je l'avais tant attendu. Kaddish à l'enfant qui ne naîtra pas et Être sans destin dans la même semaine ! Alors qu'il n'a pas pu passer récemment à La Grande Librairie, c'est certain étant donné son état (mort). Ce sont donc ces apparitions postum dans mon champ de vision qui me décident à reprendre le journal sous la forme de blog. C'est impérieux, il faut que je partage ça, que l'on sache que les gens lisent dans le métro, et pas uniquement des romans de gare ! 

Octobre 2020

Toujours ce besoin de trouver des lecteurs sous-terrains.