Littérature souterraine

Mis à jour : 5 oct 2019

Il y a ceux qui lisent dans le métro et il y a ceux - parfois les mêmes - qui écrivent dans et/ou sur le métro.


Lors d'un épisode précédent, nous avons déjà vu combien le métro est un infuseur de blogs littéraires (je ne sais pas ce que vous en pensez mais c'est toujours mieux qu'un infuseur de start-up, non?). Et le fait est qu'il est également une source d'inspiration pour bon nombre de scribouillards plus ou moins professionnels. Moralité, foule de livres s'y déroule, l'évoque ou même le prend pour titre.


Merci à Simon et Christine d'avoir activement contribué à l'établissement de cette liste non exhaustive dans les commentaires du précédent post.


Je m'en vais donc vous livrer un extrait (merci Babelio et ses contributeurs) de chacun desdits ouvrages. Il y en a sûrement des tas d'autres, en particulier dans ce grand pays qui s'appelle l'étranger, car je ne vois aucune raison pour que seuls des auteurs français soient inspirés par ce mode de transport somme toute assez répandu dans les grandes villes du monde. D'ailleurs, il a été prouvé ici même, s'il en était besoin, que les gens lisent aussi dans le métro de Londres ou de Madrid.


Mais, mais, mais, trêve de bavassages. Cette série d'extraits ne serait rien - à mon goût - sans la participation d'un immenssissime poète. J'ai nommé Marcel COHEN, qui a sobrement intitulé l'un de ses recueils Métro. Jugez donc par vous-mêmes :


   Les masques tombant, alors même que nous validons notre billet, comment imaginer les contrées interdites où chacun s'engouffre ? Virginia Woolf n'estimait-elle pas que, le vrai moi n'étant ni celui-ci ni celui-là, il n'est ni ici ni là, qu'il confine à quelque chose de fluctuent, de si insaisissable, qu'il faudrait pouvoir, pour le débusquer, traquer les rêves, les désirs les plus fous ? [...]


Et je ne résiste pas à la tentation de vous livrer un autre extrait, issu d'un autre recueil, Le Grand Paon-de-nuit, réédité avec Métro chez Gallimard en 2014 :


   Seul dans sa chambre, un homme interroge, soir après soir, les indices filtrant à travers le mur mitoyen : musique très assourdie dans l'immeuble voisin, mais reconnaissable pour peu que l'on plaque l'oreille contre la paroi, légers grincements du parquet, brefs éclats de voix. Fasciné par la distance, autant que par l'extrême proximité, il cogne distraitement le mur, certains soirs, du chaton de sa chevalière. Il arrive que ce message lui revienne alors : trois coups brefs, clairs, et proprement illisibles dans le grand silence.


Pause conseillée...


Pour ce faire, vous pouvez vous amuser à chercher le livre dont il est question (façon Où est Charlie ? ) dans la page Cé KWA ?


Et maintenant, la suite.

A rebours de toutes les prévisions sinistres du XXIe siècle, la lecture augmentera selon une courbe sûre et régulière. La télévision n’existera plus (ça, c’est déjà quasiment réglé). Les libraires, libérés de la manutention, des retours, des offices, des bordereaux, de la comptabilité, des classements, de la paperasse et de l’ordre alphabétique au profit du tout-numérique, se consacreront exclusivement à leur activité de conseillers et de passeurs. Les auteurs toucheront 90% des droits qui leur reviennent naturellement, et en reverseront 10% à l’éditeur, qui dira merci. Ce sera une époque formidable.

Flaubert à la Motte-Piquet de Laure MURAT. Flammarion, 2015



   Nous montons dans le métro, et nous en descendons. Quand la sonnerie retentit, certains parmi nous se figent sur place comme des lapins pris dans les phares d’une voiture. D’autres se mettent à courir de plus belle pour sauter dans la rame avant que les portes ne se referment. Nous sentons l’odeur d’urine qui imprègne certaines stations, la moiteur dans les rames non climatisées, mais qu’un provincial ne s’avise pas de critiquer le métro devant nous. Il pue, il est moche, on y est tous pressés, compressés. Mais c’est notre métro et nous le défendrons jusqu’au bout.

Germain dans le métro de Vincent MASTON. J.-C. Lattès, 2014



Malheureusement pas de citations disponibles sur la toile pour ce livre. Il faudra se contenter du résumé...:


   La ligne 9 relie la mairie de Montreuil au pont de Sèvres. C'est la plus longue du métro parisien. Sous la plume de Guy Konopnicki, qui n'a jamais cessé de l'emprunter, elle devient un parcours romanesque. Trente-huit stations, trente-huit chapitres. Toute l'action se situe sur la ligne. Le personnage principal, Joseph Kaplan, a trente-huit ans en 1983, et il voyageen compagnie des fantômes de l'Histoire. Son métro mène du Paris ouvrier aux beaux quartiers, il flâne sous les Grands Boulevards et passe par les sommets de l'État. Là-haut, c'est comme dans le métro, on est poursuivi par les slogans publicitaires. Joseph Kaplan est entré dans la vie avec un ticket périmé, qu'il a troqué pour ceux du PMU, mais, pour lui, la ligne 9 sera aussi une ligne d'amour. En voiture, donc. Et prenez garde à la fermeture automatique des portières.

Ligne 9 de Guy KONOPNICKI. Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2005


Par contre, pour cet oulipien pur jus, il y a l'embarras du choix niveau citations !


Et à Zazie : - Alors ? pourquoi que tu veux l'être, institutrice ? - Pour faire chier les mômes, répondit Zazie.

Zazie dans le métro de Raymond QUENEAU. Gallimard, 1972


Et pour finir :


   Cheminer avec Anaïk dans Paris, c'était toujours, à un moment donné, se faire arrêter au détour d'un trottoir par M.Marcel ou Mlle Louise. Des gens bizarres, la plupart du temps, de ceux qu'on appelle marginaux, asociaux ou même clochards; (...) Trop souvent, ses photos déplaisaient, irritaient : pourquoi photographier ça ? Ça, c'était justement ce monde qu'on a sous les yeux et qu'on ne voit pas: ce monde des frontières, qui, à chacun de nous, fait un peu peur.

Les passagers du Roissy-Express de François MASPERO et Anaïk FRANTZ. Le Seuil, 2004


Avec tout ça, si vous n'avez toujours pas d'idées pour vos prochaines lectures souterraines, voici pas moins de 3 semaines de récolte sans recherches ni trompettes. Attachez vos ceintures !


Du 9 au 15 septembre :

Clément BOUHELIER Olangar

Craig JOHNSON


Un marque page artisanal avec écrit " vive les cp !"


Iarry mcMURTRY Lonesome dove

Élizabeth GEORGE

Au bal des actifs Demain le travail

Jane AUSTEN Orgueil et préjugés

Or noir

Les furtifs

Herman MELVILLE Taïpi

Millenium


Mais comme hier matin, je rate tout un tas de livre. Faut dire que je ne fais pas beaucoup d'efforts prise que je suis par ma propre lecture (intersectionnelle avant l'heure), à savoir :

Maya ANGELOU Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage


McLAIN La troisième Hemingway

Guillaume MUSSO La fille de papier

Un livre en cyrillique

Stephen HAWKING

Olivier NOREK

Lady Chaterlay's lover

Le meilleur de Tom-Tom et Nana

James ELLORY Vendetta

La réconciliation

Learning spark

DAMASIO

SVEISTRUP Octobre

MOREAU


Du 16 au 22 septembre :

Patrick de CAROLIS Les demoiselles de Provence

Americanah en anglais (l'édition est très différente)

Philippe LANÇON Le lambeau

Michel BUSSI Le temps est assassin

Marie-Odile GODARD Rêves et traumatismes

Jonathan COE Middle England


Virginie GRIMALDI Il est grand temps de rallumer les étoiles

En voilà une idée qu'elle est bonne, passe-moi le feu !


Féminisme pour les 99%

Leonard COHEN Beautiful losers

Les simples

Jack GOODY Le vol de l'histoire (Pavé annoté+++ et postit marques pages partout)

MARIN

Philippe BIHOUX L'âge des slow tech

Alain DAMASIO La horde du contrevent

L'ode aux boucs

Sally NICHOLLS Things a bright girl can do (tout un programme)

Cyber arnaques

Mickaël WOLFF État de siège

Olivier REMAUD Errances

Mortelle Adèle

Khaled HOSSEINI Mille soleils splendides

Cédric Achille MBENG MEZUI Financer l'Afrique


Du 23 au 29 septembre :

L'épée de justice

Naomi RAGEN Le dixième chant

SMITH Le Village

Joël DICKER

Big magic

Clémentine BEAUVAIS Les petites reines

La nouvelle alternative (Revue ?)

Bah Joël DICKER again...

Et Wolf fils de Helsh devint Willy

Max GALLO 1914

Eckhart TOLLE L'art du calme intérieur (utile quand on prend le métro tous les jours)

HB

George ORWELL 1984

Margaret ATTWOOD Faire surface


C'en est trop ! Un complot sûrement... Un marque-page Joël DICKER maintenant :(


Truman CAPOTE

Fabrice HADJADJ Qu'est-ce qu'une famille ? Livre tenu par un homme accompagné de ses 5 filles. Enfin, c'est plutôt lui qui les accompagne. Et le plus dingue, c'est qu'il est d'un zen... Je ne comprends pas pourquoi il ressent le besoin de lire ce livre ! Apparemment, la famille, il s'y connait.


Un livre avec Peter Teleborian dedans, je l'ai lu sur une page

Un enooooooorme livre vert corné à toutes les pages


Pierre LEMAITRE Au revoir là-haut en grand format

Colin THIBERT

Olivia de LAMBERTIE Avec toutes mes sympathies

Daphné du MAURIER Rebecca

McDERMID

Vernon Subutex


Le mec qui fait la manche et qui demande une boulette de chichon pour si au cas où...


2 Mickey Journal

CELINE Voyage au bout de la nuit

The Fires of Heaven (ça fait peur...)

Virginie DESPENTES Vernon Subutex


#transportslitteraires

#MarcelCohen






6 commentaires