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Pousses italiennes



Par une étrange coïncidence
il est question
d’Italie et de plantes
dans chacun de ces 3 livres
 
Pour ce post,
big dédicace à ma mère
et mes amies
jardinières
Élodie et Mélanie
qui partagent avec moi, joie
des photos des merveilles
qu’elles font pousser
ainsi qu’à Frédérique
qui m’a prêté son livre
sur l’intelligence des plantes


Elsa MORANTE

La Storia

Trad. de l’italien par Michel ARNAUD
Gallimard
 
Tu te souviens La Storia
L’Histoire
avec un grand H
 
La Storia d’Useppe
qui ne sait pas
où il est
mais vaque observe
a une chienne pour amie
Bella
 
Useppe qui apprend
à parler
apprend
le monde
trop petit et trop grand
à la fois
 
Et sa mère
Iduzza se soucie
doit aller travailler
fait comme elle peut
seule
ou presque
 
Sa mère sidérée
recevant un message sur le quai
du wagon à bestiaux
en partance pour
Auschwitz
 
Sa mère méprisée par
le docteur qu’elle consulte
suite aux crises de
son fils
On ne parle pas encore
d’épilepsie
 
Il y a aussi l’aîné
cherchant son souffle
dans la guerre
Il en a marre de se cacher
cherchant sa place
jusqu’à la perdre
 
Pendant ce temps
Useppe cherche aussi
un frère des amis
sa langue
et la poésie
Useppe aime la nature
Useppe vit
 
A son idole anarchiste
le jeune Nino
il donne son secret d’illettré
et tout paraît si simple
même la littérature
 
« Non, ze m’en souviens pas… Moi, ze les pense, et tout de suite ze les oublie. Y en a beaucoup… mais elles sont petites ! Mais y en a TANT ET TANT ! »
[…]
En même temps, accompagnée d’un dandinement de ses jambes, sa petite voix mélodieuse et timide se mit à psalmodier :
 
« Les étoiles comme les arbres et qui froufroutent comme les arbres.
« Le soleil par terre comme une poignée de chaînette et d’anneaux.
« Le soleil tout entier comme des tas de plumes cent plumes mille plumes.
« Le soleil là-haut dans le ciel comme des tas d’escaliers de palais.
« La lune comme un escalier et au sommet se penche Bella qui se cache.
« Dormez canaris refermés comme deux roses.
« Les ‘ttoiles comme des tas d’hirondelles qui se disent bonjour. Et dans les arbres.
« Le fleuve comme les beaux cheveux. Et les beaux cheveux.
« Les poissons comme des canaris. Et ils s’envolent.
« Et les feuilles comme des ailes. Et elles s’envolent.
« Et le cheval comme un drapeau.
« Et il s’envole. »


Stefano MANCUSO

Alessandra VIOLA

L’intelligence des plantes

Trad. de l’italien par Renaud TEMPERINI
Albin Michel
 
Alors comme ça
les plantes seraient
intelligentes !
 
Il ne manquait plus que
ça
aux égomaniaques
que nous sommes
 
Alors comme ça
les plantes n’ont besoin
ni de cerveau ni d’organes
 
Pourtant, en plus de :
vue, goût, odorat, ouïe, toucher
elles ont développé 15
autres sens !
 
Elles mesurent l’humidité
la quantité de nutriments
et tout un tas d’autres choses
avec leurs racines
 
Elles savent vers où pousser
pour trouver la lumière
dont elles ont besoin
 
Encore plus hallucinant,
elles produisent des sons
et reconnaissent
leurs congénères de la même famille
(graines issues de la même plante)
 
Pour ce faire, elle emploie l’essentiel de son énergie au développement de sa partie souterraine. Grâce à la production d’un nombre très élevé de racines, elle occupe en quelque sorte manu militari le sol, dont elle revendique du même coup la possession auprès des plantes avoisinantes. Ce n’est toutefois pas toujours le cas : s’il s’agit de ses parentes ou de membres de son clan, la rivalité ne s’impose plus ; la plante concernée peut alors réduire ses racines au strict nécessaire et donner la priorité à sa partie aérienne.
 
En vrai
s’il y a bien une chose
de rassérénant
c’est de savoir que
quoiqu’il arrive au monde
aux humain.e.s, à la terre
les plantes seront
toujours en mesure
de reprendre le dessus
de repartir pour quelques
millions d’années
 
Il n’en est pas question
dans le livre
mais peut-être est-ce
pour cela
qu’il est si satisfaisant
de faire pousser des fleurs
et d’observer un groupe
de coquelicots capable de se
faire une place à l’endroit
du trottoir
où le bitume a sauté

Ryoko SEKIGUCHI

Venise, millefleurs

P.O.L.
 
Haïkus pour un livre poétique
 
On trouve mille fleurs et
plus dans Venise et ses îles
ainsi qu’un herbier
 
Mille visages aussi
ceux des ami.e.s, des photos
Ilaria bien sûr
 
Chez Sekiguchi
on parle avec tous les morts
mais ce n’est pas triste
 
Le temps de Venise
s’accorde à la marche
et la marcheuse goûte son temps
 
Depuis que je suis à Venise, j’arpente ses rues à pied moi aussi. J’ai toujours été une grande marcheuse, mais ici il n’est pas rare de devoir marcher deux heures par jour en moyenne, même en se limitant aux stricts déplacements nécessaires à la vie quotidienne.
Les Tokyoïtes diraient que c’est une perte de temps. On pourrait aussi penser que, de cette manière, la temporalité d’autrefois perdure encore aujourd’hui.
 
Ne se contentant pas
d’observer mille et une fleurs
elle en imagine
 
Venise dont les pieds
sont faits de poteaux en bois
Venise, une forêt
 
Le son de Venise
n’est pas celui de la ville
Non, aucun moteur
 
Ryoko partage son rêve
qui est bien réel
fait de Vénitien.ne.s
 
Et de tant de plantes
au sujet desquelles
l’autrice se pose mille questions
 
Elle raconte aussi
un bébé, un éléphant
et la traduction
 
Une image profonde
me reste. Celle des murs de
Santa Lucia en fleurs
 
On considère aujourd’hui que les villes occidentales sont faites de pierre, mais jusqu’à très récemment les herbes devaient pousser entre les pierres et les briques, et cela annonçait le changement de saison. Barbara, une amie vénitienne botaniste, m’a appris que l’on trouvait dans un ouvrage du XIXe siècle une description de l’église Santa Lucia recouverte de plantes. 
 
Souvenirs de Lisbonne
ses arbustes poussant
sous les toits des vieux immeubles
 
De partout des livres
de partout des fleurs
envies de retour. Venise


Livres croisés dans les transports parisiens :

Gaston LEROUX Rouletabille
Hélène GUETARY Le petit homme bleu
Delphine de VIGAN Je suis Romane Monnier
Sally ROONEY Normal people 
Clément BOSSET La force majeure 

Paul MARTIN Énigmes à tous les étages
Monsieur Paul Martin, même si mes jeunes patient.es adorent vos énigmes à tous les étages du magazine Astrapi, j'avoue ne jamais rien comprendre... Est-ce normal ? Merci 

Des mots fléchés papier 
Bertold BRECHT
Bérénice PICHAT La petite bonne 
Con amor (Non trouvé, trop de livres avec ce titre)
Warren BUFFET The snawball

Attrapé dans la rame :
Papa, si on travaille bien, on peut être astronomique ?

Pierre LEMAITRE Le Silence et la Colère
Peter MAY L’île des chasseurs d’oiseaux
MANABE Outlanders
Marguerite DURAS C'est tout
Robert CRAIS Deux minutes chrono

Le Routard Baléares
Claire BRETECHER Le destin de Monique
Emile DURKHEIM Le fait religieux
Stefano MANCUSO Alessandra VIOLA L’intelligence des plantes
Marc DUGAIN

Dan BROWN Da Vinci Code
Emma CLINE The guest
François-Xavier de VILLEMAGNE Pèlerin d’Orient : à pied jusqu'à Jérusalem
Nicolas FRAMONT Saint Luigi: comment répondre à la violence du capitalisme
Paul AUSTER La trilogie new-yorkaise

Colombe SCHNECK Deux petites bourgeoises 
Viviane FORRESTER Virginia WOOLF (lisez ce livre SVP, un superbe portrait)
Tom CLANCY 
GOMART L’affolement du monde
Celia STOJKA Auschwitz est mon manteau (et celui-ci aussi ! Les poèmes d'une femme déportée parce que rom, peintre et poétesse)

Il est frappant de croiser lors du même trajet deux livres tant aimés

Alessandro BARRICO Novecento : Pianiste
Alexis AMBRE
L’Atlantide
Düzen TEKKAL Nous n’avons pas peur : le courage des femmes iraniennes
FABCARO Le discours

Mona CHOLLET Sorcières 
Laura VASQUEZ Vous êtes de moins en moins réels
Leïla SLIMANI Le pays des autres 
MARIVAUX
DESPENTES Bye bye Blondie

Une femme me dit : “j’ai honte, j’ai plus de pièces, j’ai déjà donné mes pièces, on a de moins en moins de pièces”

Khaled KHALIFA Death is hard work
Maud VENTURA Mon mari
Nicolas BEDOS La soif de honte
Éric LEBRUN Claude Debussy

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