« Non, ze m’en souviens pas… Moi, ze les pense, et tout de suite ze les oublie. Y en a beaucoup… mais elles sont petites ! Mais y en a TANT ET TANT ! »
[…]
En même temps, accompagnée d’un dandinement de ses jambes, sa petite voix mélodieuse et timide se mit à psalmodier :
« Les étoiles comme les arbres et qui froufroutent comme les arbres.
« Le soleil par terre comme une poignée de chaînette et d’anneaux.
« Le soleil tout entier comme des tas de plumes cent plumes mille plumes.
« Le soleil là-haut dans le ciel comme des tas d’escaliers de palais.
« La lune comme un escalier et au sommet se penche Bella qui se cache.
« Dormez canaris refermés comme deux roses.
« Les ‘ttoiles comme des tas d’hirondelles qui se disent bonjour. Et dans les arbres.
« Le fleuve comme les beaux cheveux. Et les beaux cheveux.
« Les poissons comme des canaris. Et ils s’envolent.
« Et les feuilles comme des ailes. Et elles s’envolent.
« Et le cheval comme un drapeau.
« Et il s’envole. »
Stefano MANCUSO
Alessandra VIOLA
L’intelligence des plantes
Trad. de l’italien par Renaud TEMPERINI
Albin Michel
Alors comme ça
les plantes seraient
intelligentes !
Il ne manquait plus que
ça
aux égomaniaques
que nous sommes
Alors comme ça
les plantes n’ont besoin
ni de cerveau ni d’organes
Pourtant, en plus de :
vue, goût, odorat, ouïe, toucher
elles ont développé 15
autres sens !
Elles mesurent l’humidité
la quantité de nutriments
et tout un tas d’autres choses
avec leurs racines
Elles savent vers où pousser
pour trouver la lumière
dont elles ont besoin
Encore plus hallucinant,
elles produisent des sons
et reconnaissent
leurs congénères de la même famille
(graines issues de la même plante)
Pour ce faire, elle emploie l’essentiel de son énergie au développement de sa partie souterraine. Grâce à la production d’un nombre très élevé de racines, elle occupe en quelque sorte manu militari le sol, dont elle revendique du même coup la possession auprès des plantes avoisinantes. Ce n’est toutefois pas toujours le cas : s’il s’agit de ses parentes ou de membres de son clan, la rivalité ne s’impose plus ; la plante concernée peut alors réduire ses racines au strict nécessaire et donner la priorité à sa partie aérienne.
En vrai
s’il y a bien une chose
de rassérénant
c’est de savoir que
quoiqu’il arrive au monde
aux humain.e.s, à la terre
les plantes seront
toujours en mesure
de reprendre le dessus
de repartir pour quelques
millions d’années
Il n’en est pas question
dans le livre
mais peut-être est-ce
pour cela
qu’il est si satisfaisant
de faire pousser des fleurs
et d’observer un groupe
de coquelicots capable de se
faire une place à l’endroit
du trottoir
où le bitume a sauté
Ryoko SEKIGUCHI
Venise, millefleurs
P.O.L.
Haïkus pour un livre poétique
On trouve mille fleurs et
plus dans Venise et ses îles
ainsi qu’un herbier
Mille visages aussi
ceux des ami.e.s, des photos
Ilaria bien sûr
Chez Sekiguchi
on parle avec tous les morts
mais ce n’est pas triste
Le temps de Venise
s’accorde à la marche
et la marcheuse goûte son temps
Depuis que je suis à Venise, j’arpente ses rues à pied moi aussi. J’ai toujours été une grande marcheuse, mais ici il n’est pas rare de devoir marcher deux heures par jour en moyenne, même en se limitant aux stricts déplacements nécessaires à la vie quotidienne.
Les Tokyoïtes diraient que c’est une perte de temps. On pourrait aussi penser que, de cette manière, la temporalité d’autrefois perdure encore aujourd’hui.
Ne se contentant pas
d’observer mille et une fleurs
elle en imagine
Venise dont les pieds
sont faits de poteaux en bois
Venise, une forêt
Le son de Venise
n’est pas celui de la ville
Non, aucun moteur
Ryoko partage son rêve
qui est bien réel
fait de Vénitien.ne.s
Et de tant de plantes
au sujet desquelles
l’autrice se pose mille questions
Elle raconte aussi
un bébé, un éléphant
et la traduction
Une image profonde
me reste. Celle des murs de
Santa Lucia en fleurs
On considère aujourd’hui que les villes occidentales sont faites de pierre, mais jusqu’à très récemment les herbes devaient pousser entre les pierres et les briques, et cela annonçait le changement de saison. Barbara, une amie vénitienne botaniste, m’a appris que l’on trouvait dans un ouvrage du XIXe siècle une description de l’église Santa Lucia recouverte de plantes.
Souvenirs de Lisbonne
ses arbustes poussant
sous les toits des vieux immeubles
De partout des livres
de partout des fleurs
envies de retour. Venise
Livres croisés dans les transports parisiens :
Gaston LEROUX Rouletabille
Hélène GUETARY Le petit homme bleu
Delphine de VIGAN Je suis Romane Monnier
Sally ROONEY Normal people
Clément BOSSET La force majeure
Paul MARTIN Énigmes à tous les étages
Monsieur Paul Martin, même si mes jeunespatient.es adorent vos énigmes à tous les étages du magazine Astrapi, j'avoue ne jamais rien comprendre... Est-ce normal ? Merci
Des mots fléchés papier
Bertold BRECHT
Bérénice PICHAT La petite bonne
Con amor (Non trouvé, trop de livres avec ce titre)
Warren BUFFET The snawball
Attrapé dans la rame :
Papa, si on travaille bien, on peut être astronomique ?
Pierre LEMAITRE Le Silence et la Colère
Peter MAY L’île des chasseurs d’oiseaux
MANABE Outlanders
Marguerite DURAS C'est tout
Robert CRAIS Deux minutes chrono
Le Routard Baléares
Claire BRETECHER Le destin de Monique
Emile DURKHEIM Le fait religieux
Stefano MANCUSO Alessandra VIOLA L’intelligence des plantes
Marc DUGAIN
Dan BROWN Da Vinci Code
Emma CLINE The guest
François-Xavier de VILLEMAGNE Pèlerin d’Orient : à pied jusqu'à Jérusalem
Nicolas FRAMONT Saint Luigi: comment répondre à la violence du capitalisme
Paul AUSTER La trilogie new-yorkaise
Colombe SCHNECK Deux petites bourgeoises
Viviane FORRESTER Virginia WOOLF (lisez ce livre SVP, un superbe portrait)
Tom CLANCY
GOMART L’affolement du monde
Celia STOJKA Auschwitz est mon manteau (et celui-ci aussi ! Les poèmes d'une femme déportée parce que rom, peintre et poétesse)
Il est frappant de croiser lors du même trajet deux livres tant aimés
Alessandro BARRICO Novecento : Pianiste
Alexis AMBRE
L’Atlantide
Düzen TEKKAL Nous n’avons pas peur : le courage des femmes iraniennes
FABCARO Le discours
Mona CHOLLET Sorcières
Laura VASQUEZ Vous êtes de moins en moins réels
Leïla SLIMANI Le pays des autres
MARIVAUX
DESPENTES Bye bye Blondie
Une femme me dit : “j’ai honte, j’ai plus de pièces, j’ai déjà donné mes pièces, on a de moins en moins de pièces”
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