Vite, vite

Mis à jour : 11 juil. 2019

Un très jeune homme se dépêche de s'asseoir à côté de moi. Je n'ai rien à voir avec le fait qu'il se dépêche, mais quand je le vois ouvrir son livre, je ne peux pas éviter de penser que c'est à moi de me dépêcher de finir comme je peux ce fichu blog et de le mettre en ligne. Il est question ici d'informatique et autres joyeusetés. [Est-ce que j'ai vraiment envie qu'on me lise...?] Sa lecture m'étonne, du fait de sa dégaine et de son jeune âge : jean clair et non moins slim, baskets blanches. Je me tourne, ce qui se veut discrètement, vers lui, mais n'attrape qu'une semi afro et son bras gauche, bracelet, tatouage discret qui contraste peu sur sa couleur de peau. A défaut de son visage, je capte son livre. Quelque chose comme Je te trompe, tu te trompes ou Je me trompe, tu me trompes * ou je ne sais quoi dans le genre dont j'ai déjà entendu parler. [*En réalité, Je t'aime, je te trompe, pas mal non plus... d'Esther Perel. Traduction Valérie Bourgeois. Ed. Robert Laffont] Une Américaine, psychologue de couple, qui a écrit un plaidoyer pour dire, en substance, que se tromper dans un couple, ce n'est pas si grave. Et même que ça pourrait relancer la machine. Autrement dit, elle ose, elle n'a peur de rien! Ce qui m'avait marqué dans l'article que j'avais lu (ou l'interview, je ne sais plus), c'est qu'il n'était question que de tromperie masculine et de pardon féminin. J'exagère peut-être un peu mais du genre, la femme se rend compte qu'elle s'est transformée exclusivement en mère et en a oublié d'être l'amante de son preux chevalier servant (qui lui, n'a pas pris de bide entre temps, ni rien, et est toujours aussi sympathique et attentionné, cela va sans dire). Mais quand elle s'aperçoit que son mari la trompe, il y a alors comme un réveil du désir. Le lecteur pouffe dans sa barbichette. Je n'aurais pas imaginé ce public pour cet ouvrage. Cœur de cible plutôt féminin, un certain âge. Oui, c'est vrai, quand j'y pense, il m'a trompé mais était-ce si grave...? Vite achetons ce livre qui va révolutionner les mœurs (apparemment, on en est là) et reprenons espoir, reconstruisons notre coulpe, couple. Ce jeune homme cherche-t-il des arguments pour l'avenir? Ou bien est-ce lui qui a été trompé, a oublié de mettre ses jolis sous-vêtements pour séduire sa bien-aimée, ou son bien-aimé, à force de faire la vaisselle? "Son" couple -certaines personnes disent "mon" couple- a "volé en éclats" et il cherche ; il se marre bien aussi. J'aurais aimé voir son visage mais, même après sa descente, je ne vois que son dos alors qu'il marche sur le quai. Je me console chez Herta Müller, la grande, l'unique, et me retiens de noter chaque phrase. Il y a trop de frissons, beaucoup trop, et je déteste le fétichisme, soit-il de phrases. C'est dur, c'est la perte. Cette idée, cette phrase, et cette autre, je ne m'en souviendrai pas, je ne les relirai pas, elles seront perdues pour moi. Alors, je reste dessus ; je savoure. La solution idéale serait de les apprendre par cœur. Si seulement ma mémoire, et accessoirement ma patience, me le permettaient! Si je faisais un effort, serais-je capable d'apprendre ce que disait "la mère de Paul [...] : Dans notre pays, on a beau être intelligent, si on n'a pas le carnet rouge du Parti, autant mettre bec à terre et péter dans la poussière comme une caille."

Herta Müller

La convocation, [« Heute wär ich mir lieber nicht begegnet » 1997]

Traduction de l'allemand par Claire de Oliveira.

Éditions Métailié. 2001.


Durant la semaine du 14 au 20 mais, j'ai croisé dans le métro :

Nuit mais laquelle…?

Les couleurs de nos souvenirs, Michel Pastoureau
Sherlock Holmes en BD
Dennis Lehane
Anatomy's face, ah non, il n'est pas chirurgien ; vu de plus près, il s'agit en réalité de Assasin's Fale (??)
L'économie est un bien commun, Jean Tirole
Acting
Fight club, Chuck Palahniuk
Foi et raison
Les Incorruptibles
Vipère au poing, Hervé Bazin
Le matin, Marcel Aimé
Comment Woody Allen peut changer votre vie
La main gauche de la nuit
Même pas grave
Journal, Eugène Delacroix
Deux hommes de bien, Arturo Perez Reverte
L’œil de Léonard
Dolphin (???)
Mary Higgins Clark (écrit gros, se voit de loin, contrairement au titre)
Harlan Coben (la même)
La valse lente des tortues, Catherine Pankol
La ronde des (...), Elizabeth George
Ateliers d'écriture thérapeutiques, Nayla Chidiac (drôle de coïncidence! que je conseille à toutes celles et ceux qui s'intéressent au sujet)
Le génocide vide, Tidiane N'Dyaye
Tamara McKinley
2 catalogues de l'exposition Kupka :)
L’Édit de Nantes (popopo)
Un appartement à Paris, Guillaume Musso
La Civilisation, ma Mère! Driss Chraïbi. "Mais il y a une chose que je ne comprends pas: si elles ont tant de liberté, pourquoi sont-elles si agitées? Pourquoi courent-elles dans tous les sens?... Un être libre est un être immobile comme un arbre..."
Indécence manifeste, David Langercrantz
Shining, Stephen King
Hôtel iris, Yôko Ogawa
Martin Eden, Jack London
Alain Damasio (et moi qui ai d'abord cru naïvement qu'il s'agissait d'Antonio, ce qui ne collait pas avec la couverture du livre, genre futuriste)
Jean Genet