En attendant Beckett (acte 2)

Mis à jour : 6 mars 2019


Cette semaine, ma lecture ne me laisse pas lever la tête, d'où une liste un peu maigrichonne. C'est Négar DJAVADI qui a attiré toute mon attention. Dans son livre, on apprend des tas de choses sur l'Iran et sur les origines - pas du tout islamiques au départ - de la révolution. L'histoire est celle de sa famille, d'oncle numéro 2 à l'homosexualité impossible, à ses parents laïcs, engagés et menacés aux grands- parents en passant par les sœurs, l'ancêtre en son harem, et les autres.


Tout cela nous fait sentir ce qu'est ce pays, ce qu'il a pu être et le déracinement d'une violence inouïe que la politique (ou la religion, on ne sait plus bien tant les deux sont partenaires dans l'oppression du peuple) a infligé aux libres penseurs et à leurs proches. S'agissant de littérature, on se demande comment des représentants de l'Etat qui passent leur temps à dire de la poésie persane peuvent en arriver à un tel niveau de violence généralisée.


En parallèle, il est question de la vie européenne de la narratrice, entre beuveries, concerts, rendez-vous médicaux en vue d'une insémination, amours, non-dits à tous les étages et souvenirs de son enfance qui la rattrapent.


Tout comme Annie ERNAUX, Négar DJAVADI fait référence à L'EVENEMENT  mais il est ici d'un autre registre ; nous le découvrirons tout à la fin du livre.


L'auteure a écrit directement en français (un point commun avec BECKETT soit dit en passant) ! Pourtant, son excellent niveau de langue ne suffit pas aux Français. 


"T'as un accent, d'où tu viens?"

Merde, ça recommence !

"Iran, murmurais-je alors, craintive et fataliste.

- Ah…"

Long silence durant lequel je voyais dans les yeux de mon interlocuteur que son Iran à lui était situé quelque part entre l'Arabie saoudite et le Hezbollah libanais, une contrée imaginaire d'intégristes musulmans dont je devenais soudain la représentante.

Puis, une fois le constat établi, le mécanisme se déclenchait. On relevait mes fautes de conjugaison et mes maladresses grammaticales, que soudain je ne manquais pas de commettre.


Négar DJAVADI

Désorientale

Liana Levi, 2016


A la fin de la semaine, en attendant Beckett toujours, j'ai la surprise de tomber (boum) sur 3 jeunes gaillards qui montent tout enchapeautés dans la rame. Le premier, le plus jeune, tenant la bourse et s'apercevant qu'une femme fait déjà la manche, s'approche d'elle pour lui proposer un marché à la loyale. Avec son accent italien (eh oui, moi aussi j'écoute les accents… ), il s'excuse de lui piquer la place, lui offre quelques pièces en échange de quoi elle peut faire une pause pour regarder la scène. Les deux autres, déjà bien chauds vocalement, ont entamé les hostilités : ils se disputent une jeune fille imaginaire au balcon dans la plus pure forme Commedia dell'arte ! Que d'exclamations, que de gestes ! Ils braillent, ils sautent, ils virevoltent (j'ai du vocabulaire) entre les gens et les barres.  Un vrai spectacle là, juste avant d'arriver, même si ce n'est pas Beckett, quel plaisir. D'autres que moi apprécient puisqu'ils reçoivent de sincères applaudissements (ce qui, pour ceux qui n'empruntent pas souvent le métro parisien, n'est pas si fréquent) avant de passer le chapeau. Carton plein.

#enattendantBeckett

#Commediadellartealaplace

  

Du 4 au 10 février, les jours rallongent mais pas les listes de livres : 

Robin HOBB L'assassin royal

Elena FERRANTE L'enfant perdue

La Voie des fleurs

Une nana lit en descendant les escaliers. J'ai envie de lui crier "attention !" et je rate le titre de son bouquin

David GIBBINS

Laurent BOUVET L'insécurité culturelle

Anne TYLER Une bobine de fil bleu

Romain GARY La promesse de l'aube

Michel HOUELLEBECQ Sérotonine

KINSELLA

Gaël FAYE Petit pays

Votre cerveau est extraordinaire

Douglas KENNEDY La symphonie du hasard

La tresse

Marc LEVY La dernière des Stanfield

Kenzaburo ÔÉ Gibier d'élevage

Un livre en hébreu, religieux je pense, l'homme paraît réciter en lisant

Heureusement qu'il y a des mômes pour relever la moyenne ce matin (personne ne lit autre chose que son téléphone, au mieux le journal ou des cours)

Le directeur est un hippie (si j'ai bien vu)

Une femme tricote

Le monde diplo, c'est de la lecture

Fred VARGAS

Ayn RAND

Raphaëlle GIORDANO

Histoire du monde pour les nuls

Demain j'arrête

Régine QUEVA La science est un jeu

Maxime CHATTAM

Un livre en... tchèque ? serbe ? Autre ?

Zene koje tree s vuko...

Quelqu'un peut-il confirmer la langue…? Il manque des accents (je n'ai pas eu le temps de les prendre sur le téléphone)

Isaac ASIMOV ça faisait un bail

Je vous rate tous les bouquins aujourd'hui !

...Everest

John GRISHAM Le client

Un jeune homme s'endort complètement sur son voisin qui continue ses mots croisés en se collant à la fenêtre

Mohsin HAMID

Stéphane Des HORTS Les sœurs Livanos